Viability Theory
Ce livre fondateur développe les outils mathématiques de la théorie de la viabilité, utilisés pour étudier des systèmes dynamiques sous contraintes.
Ce livre fondateur développe les outils mathématiques de la théorie de la viabilité, utilisés pour étudier des systèmes dynamiques sous contraintes.
Utilisation d’algorithmes de viabilité pour garantir la sécurité et la performance des robots évoluant dans des environnements incertains.
Approches mathématiques pour concilier développement économique et préservation du littoral.
Cet atelier propose une introduction appliquée à la théorie de la viabilité, notamment dans le cadre des écosystèmes soumis à des contraintes environnementales. Les participants exploreront comment formaliser des politiques durables de gestion à l’aide d’algorithmes de viabilité, et comment modéliser la résilience d’un système via des cas concrets comme l’eutrophisation d’un lac ou la gestion d'une population.
Matinée :
Après-midi :
L'atelier aura lieu à l'Université Paris Cité, sur la campus Grand Moulins, facilement accessible par le métro 14 (station Bibliothèque François Mitterand) à deux pas des quais de Seine.
En remettant les processus écologiques au cœur des dynamiques de production, les systèmes agricoles écologisés doivent composer avec de nombreuses incertitudes. La résilience, l’adaptabilité et la flexibilité deviennent alors des propriétés clefs de ces systèmes. En m’appuyant sur les développements récents du cadre mathématique de la Théorie de la viabilité que j’applique à neuf cas d’étude en productions végétales et animales, je propose ici un cadre formel pour l’évaluation de ces propriétés via des méthodes numériques. Ces travaux montrent en quoi se détacher d’une logique d’optimisation monocritère est d’autant plus pertinent que l’on s’intéresse à des systèmes écologisés, c’est-à-dire complexes, évolutifs et aux dynamiques incertaines par nature. Appréhender la viabilité de ces systèmes, demande alors non seulement de considérer leur structure (les états) mais aussi la gamme d’options de pilotage disponibles (les contrôles) permettant de se maintenir dans une gamme de situations jugées acceptables (viables) par l’agriculteur.
Cela peut impliquer d’élargir le regard porté sur le système étudié en prenant en compte l’ensemble des composantes embarquées par les objectifs de l’agriculteur, quitte à dépasser le cadre agricole strict. De la même manière cet élargissement de point de vue amène à considérer le système agricole dans son environnement en intégrant les interactions avec les autres acteurs du territoire. Ces changements d’échelle que j’envisagerai dans la suite de mes recherches engagent des questions méthodologiques pour continuer à appliquer le cadre de la viabilité à des systèmes plus vastes (de plus grandes dimensions), mais aussi pour en transposer les concepts principaux à des approches plus qualitatives.
À l’échelle d’une exploitation apicole, la capacité d’adaptation est liée à différents aspects du fonctionnement : aux pratiques de gestion du cheptel, à des choix de commercialisation ou d’organisation. Cette capacité d’adaptation contribue à la durabilité de l’exploitation en lui permettant de composer avec un contexte variable, mais constitue également un élément de plus à considérer dans les compromis à trouver entre plusieurs enjeux de durabilité qui peuvent être antagonistes : viabilité économique, temps de travail… Pour révéler les difficultés possibles à concilier ces différents objectifs avec celui d’adaptabilité dans la gestion du renouvellement du cheptel, nous avons appliqué la théorie de la viabilité à une modélisation des principales options de gestion du renouvellement (gestion des reines, création de nouvelles colonies) et des dynamiques d’évolution du cheptel. Le modèle développé a permis d’étudier les conséquences de différentes pratiques sur la possibilité pour l’exploitation d’atteindre ses objectifs économiques et de temps de travail tout en maintenant un certain niveau d’adaptabilité. Certains choix techniques comme le nombre de reines disponibles (relativement au nombre de colonies de l’exploitation) apparaissent ainsi limiter en amont les options possibles de gestion du cheptel, voire la viabilité de l’exploitation dans certaines situations. L’adaptabilité de la gestion du cheptel apparaît donc comme une contrainte
Considérons le modèle classique proies-prédateurs de Lotka-Volterra, avec un contrôle qui agit sur les prédateurs, représenté par un terme de mortalité. L'objectif est de protéger les proies en maintenant leur densité au dessus d'un seuil donné.
$u$ : le taux de mortalité des proies
$$\left\{\begin{array}{l}x'=x*(r-y)\\ y'=y*(x-m-u)\\ u\in [0;u_{\max}]\end{array}\right.$$
Paramètres : $r$, $m$ et $u_{\max}$.
$$x>=\bar{x}$$
$$\left\{\begin{array}{l}x\geq 0\\y\geq 0\end{array}\right.$$
$r=1$, $m=1$, $u_{\max}=0.5$ et $\bar{x}=0.8$.
Pour calculer le noyau de viabilité avec VIABLAB 3.02, copier les deux fichiers:
Considérons le modèle classique proies-prédateurs de Lotka-Volterra, avec un contrôle qui agit sur les prédateurs, représenté par un terme de mortalité. L'objectif est de protéger les proies en maintenant leur densité au dessus d'un seuil donné.
$u$ : le taux de mortalité des proies
$$\left\{\begin{array}{l}x'=x*(r-y)\\ y'=y*(x-m-u)\\ u\in [0;u_{\max}]\end{array}\right.$$
Paramètres : $r$, $m$ et $u_{\max}$.
$$x>=\bar{x}$$
$$\left\{\begin{array}{l}x\geq 0\\y\geq 0\end{array}\right.$$
$r=1$, $m=1$, $u_{\max}=0.5$ et $\bar{x}=0.8$.
Pour calculer le noyau de viabilité avec VIABLAB 3.02, copier les deux fichiers:
L’herbe est une ressource renouvelable dont le taux de croissance dépend de la période de l’année mais aussi de sa hauteur et des condition météorologiques. Une gestion fine du pâturage demande donc de fixer de manière dynamique, le niveau de chargement (nombre d’animaux par hectare) pour nourrir les animaux tout en évitant les phénomènes de surpâturage. Du fait de l’incertitude sur la croissance de l’herbe liée aux conditions météorologiques, l’enjeu est de mettre en œuvre des séquences de pâturage qui soient non seulement productives mais aussi robustes et adaptables.
Ce problème est décrit en détails dans :
Sabatier R, Oates, LG, Jackson RD, 2015, Management flexibility of a grassland agroecosystem: A modeling approach based on viability theory, Agricultural Systems http://dx.doi.org/10.1016/j.agsy.2015.06.008
Le système se caractérise par :
deux états X(t) la biomasse de la ressource en herbe et P(t) le niveau de production cumulée.
un contrôle U(t), le chargement
une incertitude ω ∈ Ω sur le taux de croissance de l’herbe

Du fait du pas de temps journalier de la gestion du chargement, le modèle est discrétisé en temps. De plus, les vaches étant retirées des parcelles pendant plusieurs mois d’affilée en hiver, on se focalise sur une seule saison de pâturage, ce qui implique un horizon temporel finit, t ∈ [90, 300].
La dynamique est la suivante :

Avec r(t, ω) le taux de croissance de l’herbe, K(t) un coefficient de saturation, Xmin, la biomasse d’herbe correspondant à la hauteur minimale de pâturage (les vaches sont incapables de prélever de l’herbe d’une hauteur inférieure à un certain seuil), q la quantité de biomasse prélevée par vache et par jour.
Deux contraintes sont définies :
Une contrainte visant à éviter le surpâturage : qU(t) ≤ X(t)−Xmin
Une contrainte visant à assurer un niveau minimal de production sur la saison P(T) ≥ Pmin
Values of model parameters :
| t | 90 | 105 | 140 | 200 | 251 | 280 | 320 |
| K | 382.14 | 423.81 | 894.21 | 1573.0 | 750.83 | 882.0 | 152.86 |
| r | 1.07 | 1.11 | 1.07 | 1.04 | 1.06 | 1.05 | 1.0 |