Viability Theory
Ce livre fondateur développe les outils mathématiques de la théorie de la viabilité, utilisés pour étudier des systèmes dynamiques sous contraintes.
Ce livre fondateur développe les outils mathématiques de la théorie de la viabilité, utilisés pour étudier des systèmes dynamiques sous contraintes.
Utilisation d’algorithmes de viabilité pour garantir la sécurité et la performance des robots évoluant dans des environnements incertains.
Approches mathématiques pour concilier développement économique et préservation du littoral.
Cet atelier propose une introduction appliquée à la théorie de la viabilité, notamment dans le cadre des écosystèmes soumis à des contraintes environnementales. Les participants exploreront comment formaliser des politiques durables de gestion à l’aide d’algorithmes de viabilité, et comment modéliser la résilience d’un système via des cas concrets comme l’eutrophisation d’un lac ou la gestion d'une population.
Pour consulter un compte-rendu de cet atelier : ici
LUNDI 27 AVRIL
8h15 - Rendez-vous de l’ensemble des participants devant la Bibliothèque Universitaire
SESSION 1 : POSER UN PROBLEME EN VIABILITE
Animateurs : Bates - Lavallée - De Lapparent
| 8h30 - 8h50 | La viabilité mathématique en question ? (Samuel Bates) |
| 8h50 - 9h50 | Formuler mathématiquement un problème de viabilité (François Lavallée) |
Pause & discussion
| 10h00-10h30 | Exercice sur l'art de poser un problème de viabilité (François Lavallée) |
| 10h30-11h15 | Cas de résolution analytique de la viabilité (François Lavallée) |
| 11h15-12h00 | Exercice sur la résolution analytique de la viabilité (François Lavallée) |
Déjeuner
| 13h30-14h00 | Cas de résolution numérique de la viabilité (François Lavallée) |
| 14h00-15h15 | Cas de résolution de viabilité en situation d’incertitude (François Lavallée) |
Pause & discussion
| 15h30-16h00 | Cas de résolution de viabilité avec cible terminale (François Lavallée) |
| 16h00-17h00 | Viabilité individuelle et collective : cas de résolution de viabilité multi-agent (François Lavallée) |
| 17h00-17h45 | Illustration d'un cas de viabilité multi-agent (Alice De Lapparent) |
| 19h00 | Diner d'accueil sur inscription (Fort-de-France) |
MARDI 28 AVRIL
SESSION 2 : L’INFORMATIQUE DE LA VIABILITE
Animateur : Désilles - Lavallée - Gloglo - Andres-Domenech
| 8h00-9h00 | Préparation à l’informatique de la viabilité (Anya Désilles) |
| 9h00-10h30 | Présentation du logiciel Viablab (Anya Désilles) |
Pause & discussion
| 10h45-11h15 | Enjeux informatiques sur les noyaux de viabilité (Anya Désilles) |
| 11h15-12h00 | Enjeux informatiques sur les trajectoires de viabilité (Anya Désilles) |
Déjeuner
| 13h30-15h30 | Atelier de manipulation du Logiciel autour d’un cas d’étude (1/2) (François Lavallée & Anya Désilles) |
Pause & discussion
| 15h45-17h45 | Atelier de manipulation du Logiciel autour d’un cas d’étude (2/2) (François Lavallée & Anya Désilles) |
| 18h00-19h00 | Introduction à la Théorie Mathématique de la Viabilité (à destination du Master MBFA : Pablo Andres Domenech, Samuel Bates, Beringer Gloglo) |
MERCREDI 29 AVRIL
SESSION 3 : ATELIERS THEMATIQUES D’APPLICATION
Animateurs Désilles - Bates - Gloglo - Andres-Domenech
| 8h00-10h00 | Atelier autour de AgroViablab : Illustration vers une montée en complexité (Anya Désilles & Samuel Bates) |
Pause & discussion
| 10h15-12h15 | Brainstorming autour d’AgroViablab (collectif) |
Déjeuner
| 13h45-15h30 | Atelier d’application sur un système monétaire : Illustration vers une simplification de complexité (Beringer Gloglo) |
| 15h30-17h30 | Brainstorming sur les applications (collectif) |
| 18h00-19h00 | Viabilité d'une union monétaire : le cas de l'UEMOA (à destination du Master MBFA : Béringer Gloglo, Pablo Andres Domenech, Samuel Bates) |
JEUDI 30 AVRIL
SESSION 4 : MODELISATION EN VIABILITE
| 8h00-9h00 |
Brainstroming autour d’un 1er sujet de modélisation (collectif) |
| 9h00-10h00 | Brainstroming autour d’un 2e sujet de modélisation (collectif) |
Pause & discussion
| 10h15-11h15 | Brainstroming autour d’un 3e sujet de modélisation (collectif) |
| 11h15-12h00 | Brainstroming autour d’un 4e sujet de modélisation (collectif) |
13h30 Déjeuner & clôture hors les murs sur inscription (Saint-Pierre)
L'atelier aura lieu à l'Université des Antilles, Pôle Martinique
En remettant les processus écologiques au cœur des dynamiques de production, les systèmes agricoles écologisés doivent composer avec de nombreuses incertitudes. La résilience, l’adaptabilité et la flexibilité deviennent alors des propriétés clefs de ces systèmes. En m’appuyant sur les développements récents du cadre mathématique de la Théorie de la viabilité que j’applique à neuf cas d’étude en productions végétales et animales, je propose ici un cadre formel pour l’évaluation de ces propriétés via des méthodes numériques. Ces travaux montrent en quoi se détacher d’une logique d’optimisation monocritère est d’autant plus pertinent que l’on s’intéresse à des systèmes écologisés, c’est-à-dire complexes, évolutifs et aux dynamiques incertaines par nature. Appréhender la viabilité de ces systèmes, demande alors non seulement de considérer leur structure (les états) mais aussi la gamme d’options de pilotage disponibles (les contrôles) permettant de se maintenir dans une gamme de situations jugées acceptables (viables) par l’agriculteur.
Cela peut impliquer d’élargir le regard porté sur le système étudié en prenant en compte l’ensemble des composantes embarquées par les objectifs de l’agriculteur, quitte à dépasser le cadre agricole strict. De la même manière cet élargissement de point de vue amène à considérer le système agricole dans son environnement en intégrant les interactions avec les autres acteurs du territoire. Ces changements d’échelle que j’envisagerai dans la suite de mes recherches engagent des questions méthodologiques pour continuer à appliquer le cadre de la viabilité à des systèmes plus vastes (de plus grandes dimensions), mais aussi pour en transposer les concepts principaux à des approches plus qualitatives.
À l’échelle d’une exploitation apicole, la capacité d’adaptation est liée à différents aspects du fonctionnement : aux pratiques de gestion du cheptel, à des choix de commercialisation ou d’organisation. Cette capacité d’adaptation contribue à la durabilité de l’exploitation en lui permettant de composer avec un contexte variable, mais constitue également un élément de plus à considérer dans les compromis à trouver entre plusieurs enjeux de durabilité qui peuvent être antagonistes : viabilité économique, temps de travail… Pour révéler les difficultés possibles à concilier ces différents objectifs avec celui d’adaptabilité dans la gestion du renouvellement du cheptel, nous avons appliqué la théorie de la viabilité à une modélisation des principales options de gestion du renouvellement (gestion des reines, création de nouvelles colonies) et des dynamiques d’évolution du cheptel. Le modèle développé a permis d’étudier les conséquences de différentes pratiques sur la possibilité pour l’exploitation d’atteindre ses objectifs économiques et de temps de travail tout en maintenant un certain niveau d’adaptabilité. Certains choix techniques comme le nombre de reines disponibles (relativement au nombre de colonies de l’exploitation) apparaissent ainsi limiter en amont les options possibles de gestion du cheptel, voire la viabilité de l’exploitation dans certaines situations. L’adaptabilité de la gestion du cheptel apparaît donc comme une contrainte
Considérons les polynomes quadratiques complexes qui s'écrivent sous la forme :
$$\phi_c(z)=z^2+c.$$
L'ensemble de Julia rempli est composé des $z$ tels que la suite des itérés par $\phi_c$ est bornée.
En prenant $R>0$ suffisamment grand pour que $R^2-R\geq |c|$, l'ensemble de Julia rempli est le sous-ensemble du plan complexe défini par :
$$K(\phi_c)=\{z\in C\; :\; \forall n \in N, \;|\phi_c^n(z)|\leq R\},$$ où $\phi_c^n(z)$ est le nième itéré de $\phi_c(z)$. L'ensemble de Julia est la frontière de $K(\phi_c)$.
En 1982, Adrien Douady and Hubbard montrent que les ensembles de Julia sont connexes par arcs si et seulement si la suite des itérés de $0$ est bornée.
De plus, $K(\phi_c)$ et $J(\phi_c)$ sont soit connexes par arcs (il existe un chemin inclus dans l'ensemble qui connecte toute paire de points de cet ensemble) ou totalement déconectés (pour toute paire de point, il est impossible de trouver un chemin dans l'ensemble qui les connecte). L'ensemble des points du plan complexe $c$ pour lesquels l'ensemble de Julia est connexe par arcs est appelé l'ensemble de Mandelbrot. Il est défini comme l'ensemble des nombres complexes $c$ pour lesquels la suite des itérés de la fonction $\phi_c$ ne diverge pas vers l'infini partant de $z=0$.
L'ensemble de Mandelbrot est contenu dans la boule de rayon 1, $B(0,2)$. Différentes régions de l'ensemble de Mandelbrot correspondent à différents comprtements de la suite des itérés de $\phi_c$ et différentes caractéristiques des ensembles de Julia.
Aubin et ses coauteurs ont montré que ces ensembles de Julia pouvaient décrits comme des noyaux de viabilité de systèmes particuliers:
Aubin, J.-P., Bayen, A., & Saint-Pierre, P. Viability Theory: New Directions. Springer. 2011.
Ainsi, les ensembles ensembles de Julia peuvent être approchés grâce à l'algorithme de viabilité :
| Dynamiques | Contrôles | Incertitudes | Contraintes | Cible | Concept de Viabilité |
|
Temps discret Continues en espace de dimension 2 $\phi(x,y):=(x^2-y^2+a,2xy+b)$ Paramètres : $a$, $b$ |
Aucun | Aucune | B(0,2) | Aucun | Noyau de viabilité |
Voir ci-dessous des approximations d'ensembles de Julia célèbres :

Une approximation de la Basilique lorsque $c=-1$ :


Considérons le modèle classique proies-prédateurs de Lotka-Volterra à deux variables $x(t)$ l'effectif des proies en fonction du temps et $y(t)$ l'effectif des prédateurs au cours du temps.
Les variations des populations au cours du temps dépendent :
Lotka et Volterra ont proposé simultanément les équations suivantes :
$$\left\{\begin{array}{l}x'=x(\alpha-\beta y)\\ y'=y(\delta x-\gamma)\end{array}\right.$$
Dans leur article
Térence Bayen, Alain Rapaport. Minimal time crisis versus minimum time to reach a viability kernel : a case study in the prey-predator model. Optimal Control Applications and Methods, 2019, 40 (2), pp.330-350. ⟨10.1002/oca.2484⟩. ⟨hal-01943636v2⟩
les auteurs se sont intéressés au problème de la préservation des proies face aux prédateurs, en maintenant autant que possible leur effectif au-dessus d'un seuil donné $\underline{x} > 0$, ce qui revient à faire en sorte que l'état appartienne à l'ensemble
$$K(\underline{x}):=\{(x,y)\,|\, x>=\underline{x}\},$$
considérant qu'une faible densité de proies les expose à un risque de disparition qu'il convient d'éviter autant que possible.
Reprenant les équations originelles de Lotka-Volterra, les auteurs considérent des valeurs constantes pour $\alpha=r $, $\beta=1$ et $\delta=1$.
Un contrôle peut toutefois agir sur la mortalité des prédateurs, ainsi, les auteurs posent $\gamma= m +u$ avec $m$ une constante et $u$ une surmortalité dont la valeur peut varier, $u(t) \in [0;\bar{u}]$.
Le problème de viabilité se résume ainsi :
\begin{equation}
\left\{
\begin{array}{l}
x'=x(r- y)\\
y'=y( x-m-u)\\
u(t) \in [0;\bar{u}]\\
\left(x(t),y(t)\right) \in K(\underline{x}):=\{(x,y)\,|\, x>=\underline{x}\}
\end{array}
\right.
\end{equation}
Résoudre ce problème, c'est trouver l'ensemble des états $(x,y)$ à partir desquels il est possible de conserver au cours du temps un effectif de proie supérieur à $\underline{x}$ en agissant sur la surmortalité des proies, c'est à dire le noyau de viabilité dans la terminologie de la théorie de la viabilité.
| Dynamiques | Contrôles | Incertitudes | Contraintes | Cible | Concept de Viabilité |
|
Temps continu Continues en espace de dimension 2 \begin{equation} Paramètres : $r, m$ |
$u\in U=\left[ 0,\bar{u}\right]$ Paramètres : $\bar{u}$ |
Aucune |
$\{(x,y)\,|\, x>=\underline{x}\}$
Paramètres : $\underline{x}$ |
Aucune | Noyau de viabilité |
Les auteurs fournissent une description analytique de ce noyau de viabilité.
Lorsque $\bar{u}\geq \underline{x}-m$, en considérant l'invariant de ce système Lotka-Volterra (qui dépend de $u$) $W_u(x,y):=x-(m+u)\ln x+y -r\ln y$, ils construisent la frontière du noyau de viabilité à l'aide d'une courbe fermée suivante composée de 3 sous-ensembles :
La figure suivante montre le résultat pour les paramètres suivants : $r=1$, $m=1$, $\bar{u}=0.5$, $\underline{x}=0.8$.

Ce problème de viabilité, par l'existence de la description analytique de sa frontière permet de tester la finesse d'approximations issues de logiciels génériques.
Ci-dessous la comparaison pour $r=1$, $m=1$, $\bar{u}=0.5$, $\underline{x}=0.8$ entre la frontière du noyau de viabilité issue de sa description analytique (en rouge) et le résultat approché obtenu avec le logiciel ViabLab sur une grille régulière de 4001*4001points (ensemble bleu clair avec la frontière bleu foncé) :

On remarque que conformément à la description de l'algorithme de viabilité de Patrick Saint-Pierre, l'approximation du noyau est bien faite par l'extérieur.
Nous mettons à disposition ci-dessous les fichiers nécessaires pour calculer l'approximation ci-dessus à l'aide du logiciel ViabLab.
Veuillez consulter les supports de formation :
L’herbe est une ressource renouvelable dont le taux de croissance dépend de la période de l’année mais aussi de sa hauteur et des condition météorologiques. Une gestion fine du pâturage demande donc de fixer de manière dynamique, le niveau de chargement (nombre d’animaux par hectare) pour nourrir les animaux tout en évitant les phénomènes de surpâturage. Du fait de l’incertitude sur la croissance de l’herbe liée aux conditions météorologiques, l’enjeu est de mettre en œuvre des séquences de pâturage qui soient non seulement productives mais aussi robustes et adaptables.
Ce problème est décrit en détails dans :
Sabatier R, Oates, LG, Jackson RD, 2015, Management flexibility of a grassland agroecosystem: A modeling approach based on viability theory, Agricultural Systems http://dx.doi.org/10.1016/j.agsy.2015.06.008
Le système se caractérise par :
deux états X(t) la biomasse de la ressource en herbe et P(t) le niveau de production cumulée.
un contrôle U(t), le chargement
une incertitude ω ∈ Ω sur le taux de croissance de l’herbe

Du fait du pas de temps journalier de la gestion du chargement, le modèle est discrétisé en temps. De plus, les vaches étant retirées des parcelles pendant plusieurs mois d’affilée en hiver, on se focalise sur une seule saison de pâturage, ce qui implique un horizon temporel finit, t ∈ [90, 300].
La dynamique est la suivante :

Avec r(t, ω) le taux de croissance de l’herbe, K(t) un coefficient de saturation, Xmin, la biomasse d’herbe correspondant à la hauteur minimale de pâturage (les vaches sont incapables de prélever de l’herbe d’une hauteur inférieure à un certain seuil), q la quantité de biomasse prélevée par vache et par jour.
Deux contraintes sont définies :
Une contrainte visant à éviter le surpâturage : qU(t) ≤ X(t)−Xmin
Une contrainte visant à assurer un niveau minimal de production sur la saison P(T) ≥ Pmin
Valeurs des paramètres du modèle :
| t | 90 | 105 | 140 | 200 | 251 | 280 | 320 |
| K | 382.14 | 423.81 | 894.21 | 1573.0 | 750.83 | 882.0 | 152.86 |
| r | 1.07 | 1.11 | 1.07 | 1.04 | 1.06 | 1.05 | 1.0 |
et $w$ est un coefficient multiplicateur qui tient compte des variations météorologiques quotidiennes.
Nous mettons à disposition ci-dessous les fichiers nécessaires pour calculer les approximations susmentionnées à l'aide du logiciel ViabLab.
Veuillez consulter les supports de formation :